Zoom sur la guêpe maçonne ou potière

Vous connaissez sans doute le nid de guêpe commune, mais connaissez-vous celui de la guêpe maçonne, également appelée guêpe potière ? Si ce dernier est souvent bien plus discret, il n’en est pas moins remarquable. Artisane émérite, cette guêpe solitaire et pacifique crée de véritables œuvres d’art qui serviront d’abris uniques à chacune de leurs larves. C’est de là qu’elle tient d’ailleurs son nom. Zoom sur un insecte singulier qui mérite toute notre attention.

Comment reconnaître la guêpe maçonne ?

On compte plusieurs dizaines d’espèces de ces guêpes solitaires. Contrairement à la célèbre guêpe commune, celle-ci vit et travaille donc seule et vous ne la verrez jamais en colonie (en Alsace, on compte principalement les espèces Ammophila ou guêpes des sables, Podalonia, Sphex, Isodontia ou Sphex du Mexique et Sceliphron). La guêpe potière présente des particularités tant par son anatomie que par la construction de ses nids.

Carte d’identité

Ni plus grande ni plus petite que la guêpe commune, la guêpe maçonne mesure en moyenne entre 15 et 25 mm. Elle se différencie en revanche par une anatomie très particulière. Son abdomen en forme de goutte est relié au thorax par un segment médiaire très fin et très long. Ses antennes sont nettement plus longues et plus visibles et, parfois même, roulées sur elles-mêmes. Généralement de couleur noire, le corps de la guêpe potière peut présenter des motifs ou rayures jaunes ou orange.

Une artisane émérite

Détenant à la fois le savoir-faire du maçon et la finesse du céramiste, la guêpe potière forme une boue à l’aide d’un peu de terre et de salive. Elle façonne ainsi une petite urne de forme sphérique à ovale, voire de tuyaux d’orgue, selon les espèces. Le nid contient généralement une cellule (parfois deux) et servira à la fois d’abri et de garde-manger à une larve unique. Une fois le premier nid terminé, la guêpe maçonne s’attèlera à construire le suivant.

La guêpe potière : un mode de vie singulier

Cette guêpe solitaire consacre sa vie à travailler avec ardeur et acharnement pour mettre ses larves à l’abri des prédateurs et assurer sa descendance. Construction des nids, ponte des œufs et recherche de nourriture pour les larves, ses journées sont bien remplies. Le temps d’un été, elle aura accompli sa tâche admirablement et s’éteindra après quelques semaines de dur labeur pour laisser place à une nouvelle génération.

Construction de nids élaborés

Pour permettre à ses petits de se développer à l’abri des prédateurs, la guêpe potière construit un petit nid d’abord ouvert sur le haut. Puisqu’il servira également de garde-manger à la larve, elle y dépose coléoptères et chenilles notamment. Les insectes paralysés depuis leur capture, grâce à la piqûre que madame leur a infligée, le resteront jusqu’à ce que la larve atteigne sa maturité. La travailleuse ne manquera pas de refermer le nid pour le protéger des visiteurs indésirables.

Une alimentation variée

Si vous apercevez une guêpe maçonne survoler champs, prairies et forêts, c’est sans doute qu’elle cherche à se sustenter. Celle-ci se nourrit aussi bien du nectar de fleurs que de petits insectes. En revanche, le repas des larves est moins varié. Elles consomment en effet exclusivement les insectes stockés par leur génitrice, leurs besoins en protéine étant très importants durant leur développement.

La guêpe maçonne, une solitaire nécessaire

Pollinisateur à ses heures, la guêpe potière accroche le pollen, grâce aux petits poils qu’elle possède sur ses pattes, chaque fois qu’elle se pose sur une fleur pour la butiner. Comme l’abeille, elle transporte donc ce pollen sur d’autres fleurs, assurant ainsi la reproduction des espèces végétales. Également auxiliaire du jardinier, elle régule les populations de larves et autres insectes qui pourraient dévorer les végétaux. Elle est donc très utile pour vos jardins potagers ou ornementaux.

La guêpe potière ou maçonne, un danger pour l’homme ?

Non, en aucune façon. Sa forme longue, svelte et finement taillée ne lui donne d’ailleurs en rien un air de guerrière, et pour cause : la guêpe maçonne est tout à fait pacifique ! Si la femelle possède un aiguillon, c’est uniquement pour paralyser ses proies et non pour piquer l’homme. Le mâle, quant à lui, n’en dispose pas. Si malgré tout, elle venait à vous piquer, sachez que la piqûre n’est pas aussi douloureuse que celle de la guêpe commune.

Que faire si un nid est mal placé ?

Comme nous l’avons évoqué, ces guêpes solitaires sont pacifiques et ne se servent de leur dard qu’à des fins utiles et nécessaires à la survie de leurs petits. Il convient donc de ne pas les détruire. Si toutefois un de leurs nids devait être mal situé, déplacez-le en le décollant délicatement avec une spatule fine et en prenant bien soin de ne pas le briser.

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